11/06/2011

Être entrepreneur social : les barrières à l’entrée

Les barrières à l’entrée sont les obstacles qu’auront à surmonter les entrepreneurs dans la phase de démarrage de leur entreprise et lors de l’implantation d’un produit/service dans un nouveau marché.  Ces dernières varient d’un projet à un autre aussi nous attarderons-nous ici à celles qui sont spécifiques aux projets en entrepreneuriat social.

Déménagement Myette a trouvé une façon originale de créer un service de déménagement à la fois écolo et économique en faisant du déménagement par vélo ! crédit photo : www.demenagementmyette.ca

Les coûts plus élevé des achats ou des matières premières

Étant donné l’éthique dont fait preuve l’entrepreneur social, ses matières premières ou ses achats ont une valeur écologique et/ou équitable qui rendent le produit souvent plus onéreux que la marchandise répandue sur le marché.  Dans le cas des boutiques éthiques, elles ne perçoivent que 10 à 50% de marge de profit sur les produits qu’elles vendent, ce qui est beaucoup plus bas que leurs concurrents indirects sur le marché régulier qui perçoivent entre 55% et 75% (pour en savoir plus, lire l’article sur Quel impact a un entrepreneur social sur la société ?).  L’éco-design, pour sa part, utilise des matières premières plus coûteuses puisque plus rares et produites dans de meilleures conditions (ex. le coton bio et équitable).  Dans le cas des vêtements faits à partir de matières recyclées, c’est la main-d’œuvre qui rend le produit final plus onéreux puisqu’il faut aller chercher les matières, les sélectionner, composer avec les vêtements disponibles, etc.

 

Les produits/services de substitution sont moins chers

Un produit de substitution est un produit qui peut répondre aux mêmes besoins que ceux remplis par votre produit, mais d’une manière différente.  Par exemple un produit de remplacement pour une couche lavable en coton bio serait la couche régulière jetable; un service de remplacement pour la construction d’un toit vert serait un service de réparation du toit existant, etc.

L’entreprise socialement responsable profite rarement des économies d’échelles dont bénéficient leurs concurrents indirects qui vendent des produits/services de remplacement pas rapport à ceux offerts par votre entreprise.  Et puisque les coûts des achats sont plus élevés, les prix sont également plus élevés

Bien qu’en croissance, la demande est encore marginalisée

En effet, bien que plusieurs saluent les initiatives sociales, la proportion de consommateurs réguliers de produits/services éthiques est encore infime par rapport au marché global.  Et bien que la concurrence soit encore modeste, elle est, elle aussi, en grande croissance.  (Nous verrons dans un article ultérieur comment les compétiteurs, dans le marché alternatif des entrepreneurs sociaux, peuvent devenir des partenaires d’affaires).  Une boutique éthique devra ainsi attendre 2 à 3 ans avant de pouvoir être suffisamment rentable pour pouvoir embaucher un employé à temps plein.

Difficulté d’approvisionnement

Les achats sont en général plus chers pour un entrepreneur social qui n’a pas le fond de roulement* nécessaire pour avoir un aussi grand choix de produits qu’il le voudrait et qui doit limiter ses stocks au minimum.  Les boutiques utilisent ainsi beaucoup la consignation, mais il en va de même pour la plupart des boutiques régulières.  Par ailleurs, la recherche même de ses fournisseurs est une difficulté en soit pour certains entrepreneurs sociaux puisqu’ils sont eux aussi difficiles à trouver, peu nombreux et parfois dans une région plus éloignée.

*liquidité ou argent disponible

Peu ou pas de budget pour la publicité

La visibilité est sans doute ce qui fait le plus défaut aux entreprises socialement responsables.  Elles sont difficiles à trouver, autant sur le web que sur les artères commerciales, puisqu’elles n’ont souvent pas les moyens de se retrouver sur les artères les plus passantes.  Pourtant, le web est une des pratiques marketing les plus abordables et les plus rentables par rapport aux coûts.  C’est aussi la façon dont de plus en plus de consommateurs engagés et entrepreneurs sociaux se retrouvent, que ce soit par des plateformes de commerce en ligne d’artisans québécois, des répertoires de consommations responsables, des pages Facebook ou des blogues comme celui-ci.

Pour cette raison, le prochain article traitera des stratégies publicitaires aux entrepreneurs sociaux et artistiques.

Conclusion

Bien qu’apportant une plus grande difficulté au démarrage d’un projet, ces barrières à l’entrée peuvent être surmontées en les anticipant et avec l’élaboration de stratégies.  En effet, nous verrons dans un article ultérieur comment une contrainte peut devenir une opportunité d’affaires.

L’artiste Anouck Goulet a surmonté une barrière à l’entrée, sans le vouloir, celle du prix du produit de substitution moins élevé, en conservant son prix bas. Sa stratégie : exceptée la peinture sur chacun de ses bijoux qui est unique, chacune des autres étapes de confection est faite à la chaîne d’une façon beaucoup plus rapide diminuant ses coûts de production. crédit photo : www. anouckgoulet.blogspot.com

31/05/2011

Quel impact un entrepreneur social a-t-il sur la société ?

Un entrepreneur social peut-il apporter un impact tangible dans la société ?  Je vous présente ici un exemple de la portée que peut avoir un entrepreneur social sur une industrie.

Kollontaï, c’est la griffe de Gabrielle Tousignant, entrepreneure sociale, et aussi un atelier qui emploi une quinzaine de personnes passionnées! crédit photo : www.kollontai.net

Prenons par exemple l’industrie du vêtement.  Depuis 1995, on assiste à une fusion des détaillants de vêtements, et donc à une diminution de leur nombre.  Ces derniers peu nombreux deviennent néanmoins de géantes multinationales ce qui leur permettent de s’établir dans les régions du monde qui sont les plus profitables pour leur production, ceci contribuant à la création d’ateliers de misères.  Ces détaillants géants ont par ailleurs un rapport de force très grand vis-à-vis des petits producteurs.  Ces producteurs, malgré toute leur bonne volonté, ne peuvent offrir des conditions et un salaire adéquats à leurs employés puisqu’ils sont soumis aux conditions des grands détaillants.  Par ailleurs, ces conglomérats de multinationales crées fréquemment leur propre marque de vêtements (exemple : Gap) et contribuent ainsi à en camoufler la provenance.

Atelier de misère où on fait travailler ici un enfant. crédit photo : Congrès du Travail du Canada (CTC)

Voici un tableau comparatif de la marge de profit perçue sur un vêtement vendu en magasin.  Lorsqu’on achète un vêtement chez Gap de 100$, 3$ seulement ont servi à payer la main-d’œuvre, tandis que le détaillant a une marge de profit entre 55% à 75%.  Que constate-t-on par ces chiffres ?  Lorsqu’on achète un vêtement par exemple chez Gap, on finance Gap.

Marché dominant

(grandes entreprises)*

Marché alternatif**

Producteur (main-d’œuvre)

3%

30-60%

Détaillants

55-75%

10-50%

*Source : Industrie Canada
**Source : Peu de données existent pour ce marché alternatif aussi les chiffres sont-ils tirés des entrepreneurs sociaux avec qui j’ai eu la chance de travailler.  Les chiffres pour la main-d’œuvre sont ceux des créateurs d’ici (et non des vêtements importés équitables dont la marge de profit est moins élevée)
 

Heureusement, depuis le début des années 2000, on assiste à l’essor d’un marché alternatif : la création de petites boutiques éthiques qui vendent des vêtements fabriqués au Québec ou des vêtements importés équitables et biologiques (pour le coton).

On constate ici que lorsqu’on achète un vêtement dans le marché alternatif, on finance alors toute la chaîne, ce qui assure une répartition plus équitable de la richesse.  Par le fait même, on favorise la création d’emplois de designers de vêtements, on compétitionne avec un produit mis en marché très polluant en offrant une alternative écologique (par exemple le coton biologique) et on contribue à développer la curiosité du consommateur de rechercher la provenance des produits qu’il achète.  Ainsi, un seul entrepreneur social génère des impacts très significatifs pour la société.

Rien à cacher, une boutique de mode chic et éthique. www.rienacacher.com crédit photo : Threehugger

Des marges de profit de l’ordre de 10%-30% pour les détaillants éthiques, c’est très peu considérant les coûts reliés à l’exploitation d’une boutique.  Ce faisant, les barrières à l’entrée pour les boutiques éthiques sont très élevées ; je vous invite donc à lire l’article Être entrepreneur social : les barrières à l’entrée.

29/05/2011

Local à louer de 1030 pi2 dans Villeray

L’Infusart a un espace de travail disponible à partir de juillet 2011 dans le quartier Villeray.

Local spacieux de 1030 pi2 offrant une vue magnifique sur le parc Jarry!

Espace de travail très éclairé, à aménager selon vos envies

280$ par mois taxes incluses.

Accès aux espaces communs et monte charge.

Chauffage et électricité inclus.

Idéal pour les travailleurs autonomes ou les petites organisations.

7755 Sain-Laurent, local 201B (coin Villeray)
Métro de Castleneau, Métro Jarry ou ligne 55
Station bixi à proximité

Pour visiter :

514.507.2761 ou info@linfusart.com

Renseignements sur le site web de L’Infusart.

29/05/2011

Comment définir sa mission d’entreprise ?

La mission, tout premier élément d’un plan d’affaires après le résumé du projet, est la pierre d’assise d’une entreprise.  C’est sa raison d’exister, et elle façonne toutes les décisions prises à l’intérieur de l’entreprise.   La constatation de Peter Drucker, théoricien américain du management,  est toujours actuelle : « la plus importante raison de frustration et d’échecs dans les entreprises provient d’une réflexion insuffisante de la raison d’être de l’entreprise, de sa mission ».

À quoi sert une mission ?

  • sert de base des directions générales de l’entreprise, elle guide dans tout processus décisionnel;
  • communique une image forte et claire aux dirigeants, employés et clients;
  • Aide à positionner l’entreprise (haute gamme, bas de gamme, etc.);
  • à définir clairement sa clientèle.

Ce qu’est une mission

Concrètement, une mission doit comporter :

  • Quoi et pourquoi ? (raison d’être, l’entreprise fait quoi)
  • Pour qui ?
  • Comment ?
  • Sur quel territoire ?

La mission comporte 2 ou 3 phrases.  On évite d’utiliser des mots imagés ou à double sens, mais on utilise plutôt un vocabulaire retirant toute forme d’ambiguïté.  La mission peut être plus générale ou plus précise selon ses besoins.

Même si la mission est différente de la vision, la vision étant une projection future convoitée de son entreprise, il n’est pas interdit d’inclure un petit élément de la vision dans la mission.  Par exemple : « Devenir la référence », ou « Devenir leader », etc.

Voici quelques exemples de missions d’entreprises pour illustrer ces points :

La mission de La Gaillarde est de promouvoir et d’encourager l’industrie locale de l’éco-design et ses artisans, de sensibiliser sa clientèle aux enjeux environnementaux et de réduire les déchets textiles en encourageant la réutilisation et le recyclage des vêtements.

Folle Guenille est une entreprise vouée à la valorisation de la récupé-ration du « prêt-à-reporter » québécois et offre la visibilité aux éco designers et designers de vêtements mode pour femmes.

Boutique Folle Guenille Crédit photo : Créations encore

Monde ruelle est un lieu de diffusion unique au Québec.  Galerie dédiée à la diffusion de l’écodesign et du mobilier d’art, c’est aussi un moteur de promotion de talents locaux : les designers, artistes et artisans qui ont choisi le virage vert.

Banc fait par un écodesigner de Monde ruelle. Crédit photo : Le vadrouilleur urbain

Google a pour mission d’organiser à l’échelle mondiale les informations dans le but de les rendre accessibles et utiles à tous.

Forme juridique associée à la mission

Le choix de la forme juridique à choisir pour son entreprise, est en effet directement lié à la mission de son entreprise.

En général :

  • Lorsque la mission de l’entreprise est de venir en aide à un groupe d’individus dans la collectivité ou de faire la promotion et pratique d’une activité ou encore d’exécuter une action sociale et humanitaire, l’organisme fondée sera sans but lucratif;
  • Lorsque la mission est de servir au mieux les intérêts économiques de ses participants (sociétaires ou adhérents), l’entreprise fondée sera une coopérative;
  • Lorsque la mission de l’entreprise est de favoriser la mise en marché d’un produit ou d’un service, l’entreprise fondée sera à but lucratif.

Par ailleurs, selon la clientèle que l’on souhaite convoiter, on choisira une incorporation provinciale, fédérale ou internationale.  À ce sujet, voir l’article Les trois formes juridiques à but lucratif (à suivre sous peu sur ce blog).

Une mission d’entreprise est-elle différente pour un entrepreneur social ?

Tel que mentionné plus haut, la mission d’un organisme à but non lucratif et d’une coopérative sont évidemment différentes de l’entreprise privée.  Cela dit, dans le cas d’une entreprise à but lucratif, la mission d’entreprise d’un entrepreneur social n’est pas nécessairement différente de celle d’un entrepreneur conventionnel.  Ce sont l’ensemble des valeurs véhiculées, de la culture, de la gestion des ressources humaines, des activités de l’entreprise qui distinguent un entrepreneur social d’un entrepreneur conventionnel.

En conclusion, je vous suggère de lire plusieurs missions d’entreprises ressemblant à la vôtre pour vous aider à la formuler.  Vous modifierez plusieurs fois la description de votre mission d’entreprise en pré-démarrage; car c’est à ce moment que l’on « test » le marché, définit bien son positionnement et sa clientèle, etc.  Après cette étape, votre mission devrait être immuable; c’est la vision qui pourra changé, au fil du temps.

Sources:

SAJE accompagnateur d’entrepreneurs

Systemic business performance

17/05/2011

Le rendez-vous des entrepreneurs sociaux 2011

Le 7 juin prochain aura lieu la 2e édition du rendez-vous des entrepreneurs sociaux de l’Institut du Nouveau Monde.  Un endroit pour rencontrer des entrepreneurs inspirants et de futurs partenaires d’affaires !  J’y ai été chaleureusement invitée par une des organisatrices de la journée ; Anne-Laure Putigny de À go on change le monde.  Aurais-je le plaisir de vous y rencontrer ?

Cette année encore promet d’être un succès avec ses conférences sur les moyens de bien réussir ses partenariats d’affaires, le financement disponibles, des modèles inspirants, des études de cas et bien plus !   Voici la programmation complète, la présentation des intervenants ainsi que le lien pour l’inscription à l’événement.

2e édition du rendez-vous des entrepreneurs sociaux

Mardi 7 juin 2011 à Montréal dès 8h30
À l’Olympia de Montréal
1004 Rue Sainte-Catherine Est (entre Amherst et St-Timothée )
Montréal, QC H2L 2G2
métro Berri-UQAM
17/05/2011

Entreprise d’économie sociale VERSUS Entrepreneur social

On mélange souvent les entreprises d’économie sociale aux entrepreneurs sociaux.  Essentiellement, l’entreprise d’économie sociale est une forme d’entrepreneuriat social.  L’entrepreneuriat social est donc un terme plus général.

Cet article traitera des différences entre les deux formes d’entrepreneuriat.  Vous retrouverez une définition plus complète de ce qu’est un entrepreneur social dans un article publié dans la section « À propos ».  Dans ce présent article, je me contenterai donc d’exprimer les différences entre les deux types d’entreprises.

Entreprise d’économie sociale

Toutes les formes d’entreprises collectives, c’est-à-dire les organismes sans but lucratif et les coopératives, sont des entreprises d’économie sociale.  De par le règlement du Registre des entreprises du Québec, elles doivent former un conseil d’administration d’au moins 3 administrateurs, et ces derniers doivent produire un compte-rendu des assemblées générales.

La mission de l’entreprise d’économie sociale est essentiellement de répondre à un ou des besoins d’une population cible donnée et, pour la plupart,  une partie de leur revenu (34% en moyenne selon une étude faite en 2008) est assurée par des subventions et/ou commandites.

Éco vélo 2011, la nouvelle collection de vélos recyclés de l’association sans but lucratif SOS vélo     crédit photo: Flickr

Entrepreneuriat social

L’entrepreneur social est un entrepreneur dont la mission est à la fois de répondre à un besoin réel de la population, mais également de créer son propre emploi.  Le terme « entrepreneur social » est donc général et englobe l’entreprise d’économie sociale.

Il englobe également l’entrepreneur qui démarre une entreprise dont la forme juridique est à but lucratif, soit : une entreprise individuelle, une société en nom collectif ou une société par actions (incorporation).  Même lorsque sa forme juridique est « à but lucratif », l’entrepreneur social ne vise pas à des profits énormes mais plutôt à se créer un emploi avec un salaire décent.

Dans notre société, l’entrepreneur social dont la forme juridique est à but lucratif est un concept nouveau.  Pourtant, depuis le début des années 2000, ils sont de plus en plus nombreux à favoriser une éthique des affaires, une mission d’entreprise qui soit sociale et une profitabilité raisonnable.

La coccinelle jaune est une entreprise sociale à but lucratif qui offre une gamme de créations québécoises, et importés et équitables. www.coccinellejaune.com crédit photo: www.ecopicure.com

Coopérative de travail

Les coopératives de travail ont un statut un peu particulier car elles sont à la fois une entreprise collective et à but lucratif.  Elles ont pour mission de créer de l’emploi à leurs membres.   On voit souvent par exemple des vidéastes professionnels se regrouper en coop de travail pour partager les coûts liés à l’achat d’équipement et se partager leur utilisation.  Elles comptent cependant rarement sur des subventions, dons ou commandites comme sources de revenu.  Les membres d’une coop de travail sont donc admissibles à la fois aux bourses pour les entreprises d’économies sociales et aux bourses pour les entreprises à but lucratif.

MemoArt est une coopérative de travail qui crée des vidéos personnalisés et uniques. crédit photo: www.memoart.coop

En conclusion

En sommes, l’entreprise d’économie sociale est automatiquement associée, dans la société, à une entreprise ayant une mission sociale tandis qu’une entreprise sociale à but lucratif doit le prouver.  L’entreprise d’économie sociale a donc plus facilement accès à des bénévoles, dons et commandites ainsi que partenariats.  Certains contrats, de la part des municipalités par exemple, ou de la part d’autres organismes; ne se donnent qu’à des entreprises d’économie sociale.

En revanche, la gestion d’une entreprise sociale à but lucratif est plus simple que celle d’une entreprise d’économie sociale.  L’entrepreneur social d’une entreprise à but lucratif a davantage le contrôle de son entreprise et peut davantage être proactif au marché.  Il est aussi le porteur d’une économie de marché nouvelle : une entreprise capable d’être tout à fait autonome tout en étant lucrative et durable.

Je suggère la lecture suivante pour faire suite à celle-ci : Entreprise collective ou privée ?

11/05/2011

Qu’est-ce qu’un entrepreneur social ?

Selon l’Institut du Nouveau Monde (organisme qui promeut le mouvement citoyen), un entrepreneur social:

  • Identifie des problématiques ou des besoins sociaux
  • Met de l’avant une solution pragmatique et novatrice dans le but de favoriser le changement et l’innovation sociale
  • Utilise des principes entrepreneuriaux pour créer et gérer une organisation qui réalisera cette solution
  • Fait preuve d’une éthique indiscutable
  • Travaille de pair et implique la communauté concernée dans le projet
  • Partage ses expériences afin de favoriser le transfert des connaissances
  • Démontre un leadership exemplaire
  • Réalise un projet aux retombées sociales durables

Je résumerais la définition d’un entrepreneur social ainsi : c’est un entrepreneur qui a la volonté de créer une organisation qui lui permet à la fois de créer son propre emploi avec un salaire décent et de répondre à un besoin ou une problématique sociale.

L’entrepreneur social peut fonder une entreprise à but lucratif ou non afin d’arriver à ses objectifs.  En effet, alors qu’auparavant l’entrepreneuriat social était réservé aux organismes à but non lucratif et aux coopératives, nous assistons, depuis le début des années 2000, à un nouveau type d’entrepreneurs sociaux ; les entrepreneurs sociaux totalement autonomes, c’est-à-dire dont la gouverne n’est pas soumise à un conseil d’administration et ne dépendant pas de subventions.  Ce nouveau type d’entrepreneur social est tout à fait salutaire puisqu’il tend à prouver qu’une entreprise à but lucratif peut croître et assurer sa pérennité tout en ayant une éthique sociale et environnementale.

Si nous prenons l’exemple des vêtements et accessoires en fourrures recyclés d’Harricana; cette entreprise a la forme juridique « Société par actions » et s’avère donc une entreprise à but lucratif au sens du Registraire des entreprises.  Pourtant, l’entreprise répond à une problématique sociale de surconsommation des produits de fourrure en recyclant celle déjà existante dans ses ateliers du Québec.  Son entreprise observe une grande éthique dans la gestion de son personnel, ainsi que dans la relation avec sa clientèle.  Mariouche Gagnée, propriétaire et fondatrice d’Harricana, est donc une entrepreneure sociale.  Depuis 1994, plus de 50 000 manteaux ont été recyclés en créations uniques, et on estime à près d’un demi million le nombre de bêtes ainsi épargnées.

Fort à parier que ces entrepreneurs, acteurs de changement dans la création d’un marché alternatif, plus humain, deviendront de plus en plus nombreux, ainsi que les consommateurs, à faire de ce marché alternatif la référence pour le marché mondial.

Référence à consulter :

À go on change le monde, projet de l’Institut du Nouveau Monde dont la mission est de valoriser, soutenir et stimuler la réalisation de projets d’entrepreneuriat social chez les jeunes de 15 à 35 ans.

www.agoonchangelemonde.qc.ca

30/04/2011

Bienvenue sur le blog Entrepreneur social !

Bonjour à tous,

Étant Conseillère en entrepreneuriat depuis plusieurs années et impliquée dans la réalisation de nombreux projets sociaux; je suis constamment à l’affût des initiatives pour favoriser l’entrepreneuriat social et artistique et je constate un effort soutenu des collectivités dans ce domaine !   Cela dit, la formation et le service-conseil offerts spécifiquement aux entrepreneurs sociaux et artistiques sont encore insuffisants.

La mission de ce blog est donc d’apporter un complément technique à la création d’une entreprise sociale ou artistique.  Vous y trouverez des références, des plans d’action, des études de marché, des méthodes de comptabilité, des façons de créer des partenariats (avec entre autres ceux qui pourraient être autrement des concurrents).

Bien que tous soient les bienvenues pour commenter les articles qui seront présentés dans ce blog, ce dernier s’adresse plus spécifiquement:

  • À tous les futurs et actuels entrepreneurs sociaux (à but lucratif ou non) ou artistes d’arts visuels
  • Aux entrepreneurs désirant établir un plan de développement durable dans leur entreprise
  • Aux acteurs de changement

Vous y trouverez de tout concernant:

  • Le coaching et le mentorat disponibles pour démarrer votre projet (avec les différents tarifs et suggestions);
  • Les bourses disponibles pour les projets sociaux et/ou artistiques;
  • Les références pour des aides comptables ou juridiques professionnelles gratuites ou à peu de frais;
  • Des trucs pour la bonne gestion de votre entreprise (comptabilité, réseautage, éthiquette, etc.);
  • Les formations disponibles (avec les différents tarifs et suggestions);
  • Les aides pour la création du plan d’affaires;
  • Les activités de réseautage, ou conférences organisées;
  • Des statistiques, développements politiques, tendances, pour se tenir au courant du marché;
  • Et beaucoup plus !

N’hésitez pas à déposer vos commentaires, questions; ce blog a été conçu pour vous, entrepreneurs sociaux et artistes ! Alors au plaisir de vous lire !

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